L’enfant qui n’aimait pas dessiner des pommes

Il était une fois, un enfant qui aimait dessiner.

Avec son crayon et sans ratures, il dessinait des vaisseaux spatiaux, des créatures. Des paysages imaginaires, extraordinaires, un fabuleux bestiaire.

Cet enfant dévoila ses fusains à un professeur d’art contemporain. Quelqu’un d’important, un peintre exposant. D’un seul coup d’œil, le professeur survola les feuilles, et affirma que ces sujets « n’étaient pas assez bien, un médiocre recueil ».

L’enfant en eut le cœur brisé. Il lui en avait fallu, du courage, pour se dévoiler! Il s’appliqua dès lors à dessiner ce que ce professeur exigeait : des pommes, des pommes, des pommes, comme s’il en pleuvait.

Mais voilà : l’enfant n’aimait pas cela. Pour lui, les paysages, les monstres imaginés, étaient des clés. Vers d’autres pays, d’autres contrées, qui lui permettaient de s’échapper et de rêver.

L’enfant, alors, laissa tomber le crayon, toute son expression. Abattu, dégoûté par les pommes, il ne dessina plus, ne rêva plus. Il devint comme certains de ses contemporains, porteur de bien trop de chagrin.

Je veux dire à cet enfant : « Ne t’en fais pas pour ce professeur, va. Dessines ce que tu aimes, avec ferveur, et chaleur. Prends ton crayon, esquisse des mondes fabuleux, sans peur. Prends ton stylo, écris des écrits merveilleux et libérateurs. Avance avec aisance, cultive tes préférences. Ton existence est une page blanche ; fais-toi confiance ! Sur ces pages, tes rêves, comme par magie, deviendront un équipage uni, et tes créatures, tes plus fidèles amies. »

Posted in

Laisser un commentaire