2025 à l’envers, ça fait 666

Nous sommes le 20 janvier, Elon Musk Donald Trump est devenu le 47ᵉ président des USA, et j’ai hâte de me réveiller de ce qui doit être un rêve idiot. Ça ne peut pas être autrement. C’est forcément un rêve. PAS VRAI ?

En résumé, si vous n’avez pas suivi, je vous fais un récap’ de la cérémonie d’investiture :

  • Mélania Trump s’était déguisée en Pale Rider.
  • Donald Trump n’a pas posé la main sur la bible lors du serment.
  • Donald Trump a fait un discours sans surprise. On pourra chercher des études qui mettent en rapport la richesse du langage et la construction cérébrale. Il a tout de même clairement annoncé que les USA allaient reprendre le contrôle du canal de Panama (on ne sait pas comment). Et que la bannière étoilée flotterait sur Mars (on ne sait pas quand). Pas un mot sur le Canada. (Il a annoncé dans la soirée que la hausse de 25% des taxes sur les biens canadiens importés aux USA s’appliquerait le 1ᵉʳ février)
  • Donald Trump est le premier américain à devenir président après avoir été condamné par la justice (mais pas une vraie justice, selon lui).
  • Le révérend Lorenzo Sewell, qui a officié pendant la cérémonie, a lancé sa crypto monnaie juste après.
  • Elon Musk a fait un salut nazi à la tribune présidentielle.

Rien que de très normal pour un Empire en roue libre.

Une petite virée dans les commentaires des supporters Trumpistes nous confirme que le fameux « common sense » dont les abreuve leur idole ne s’applique pas à eux. (Non, pour eux, ce n’est pas un salut nazi.) De toute manière, « Hitler était communiste », c’est le maître Elon Musk qui l’a dit. Et comme c’est un génie, il a raison. Je contre :

Notre époque me fait inévitablement songer à de Karl Popper, philosophe anglo-autrichien du 20ᵉ siècle (il s’y connaissait en nazisme) :

La tolérance illimitée ne peut que conduire à la disparition de la tolérance. Si nous accordons une tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas prêts à défendre une société tolérante contre les assauts des intolérants, alors les tolérants seront détruits, et la tolérance avec eux… Avec cette formulation, je ne veux pas dire, par exemple, que nous devrions toujours réprimer les philosophies intolérantes ; tant qu’il nous est possible de les contrer par des arguments rationnels et de les tenir en échec grâce à l’opinion publique, les interdire ne serait certainement pas judicieux. Mais nous avons intérêt à revendiquer le droit de les réprimer si nécessaire, même par la force ; car il se peut fort bien qu’ils n’acceptent pas la confrontation d’arguments rationnels, et dénoncent d’emblée toute argumentation ; ils risquent d’interdire à leurs adeptes d’écouter toute argumentation rationnelle, parce qu’elle serait trompeuse, et de leur apprendre à répondre aux arguments en faisant usage de leurs poings ou de leurs pistolets. Nous devons donc revendiquer, au nom de la tolérance, le droit de ne pas tolérer les intolérants. Nous devrions affirmer que tout mouvement prêchant l’intolérance se place hors la loi, et considérer comme criminelle l’incitation à l’intolérance et à la persécution, de la même manière que nous considérerions comme criminelle l’incitation au meurtre, à l’enlèvement, ou à la relance de la traite des esclaves.

(The Open Society and Its Enemies: The Spell of Plato; chapitre VII, section II, [Popper, Karl R. (2013). The Open Society and Its Enemies. Alan Ryan (New one-volume ed.). Princeton. (ISBN 978-0-691-15813-6))

Nous sommes en 2025. Il y a exactement 80 ans, le monde entier subissait une guerre dévastatrice. L’Europe était en ruines parce que des gens malheureux avaient décidé de croire un type qui proposait des solutions simples à des problèmes complexes.

80 ans, c’est donc la durée de la mémoire vive de notre humanité. 2025 à l’envers, ça fait bel et bien 666.

Posted in

Laisser un commentaire