Le cyberpunk : étude d’un genre (2/4)

Petit glossaire cyberpunk

Voici quelques mots-clés qui vous éclaireront en partie sur le genre cyberpunk.

Science-fiction : À moins d’être d’une mauvaise foi à toute épreuve, on peut difficilement nier que le cyberpunk appartient à la SF. Il y a une explication scientifique plausible à cet univers et à ses intrigues. En tout cas, il est possible d’y croire. Même si parfois, on aimerait mieux pas.

Anti-héros : No future ! Les protagonistes et antagonistes du genre tendent souvent à brouiller les pistes. Les personnages principaux ne sont pas nécessairement sympathiques (Spider Jerusalem n’est pas le beau-fils idéal, Kaneda est une caillera, Chase est égoïste). Même quand ils sont choupinets, ils peuvent être relous (Morpheus, sérieux, je suis le seul qui ait envie de le tarter ?).

Hackers : Le cyberpunk se caractérise par la fusion de deux mondes, le réel et le virtuel, au point parfois de brouiller la réalité. Les pirates informatiques et netrunners jouent logiquement un rôle de premier plan. Chase, Néo, Songbird, autant de pirates informatiques légendaires, et je ne parle même pas des licornes de Blade runner.

Corporations : Les corpos sont des groupes industriels et commerciaux si puissants qu’ils surpassent les états. Ce sont les grands méchants des univers cyberpunk. Tyrell corporation (Blade runner), Arasaka (Cyberpunk77), et même Weyland-Yutani (Alien, qui n’est pas à proprement parler du cyberpunk, mais dont l’univers s’y rattache sur quelques points) en sont de bons exemples. L’équivalent dans la vraie vie sont les GAFAM, mais ce qui nous attend à court terme va sans doute les reléguer comme de petites PME.

Mégalopoles tentaculaires : La ville géante, projection hallucinée de la vision de Le Corbusier, constitue un personnage à part entière du genre. Ce sont des cités divisées en secteurs très contrastés, dont certaines zones sont dévastées par la pauvreté, les gangs et les drogues de synthèse. Voir Night City et Nova Franka.

Implants cybernétiques : Le « cyber » de « cyberpunk » fait d’abord référence à la cybernétique, qui est une science des communications et de la régulation dans l’être vivant et la machine, ensemble de règles énoncées par le mathématicien Norbert Wiener en 1947. Concrètement, ce sont des greffes biomécaniques, qui remplacent les organes et membres des êtres vivants (pas seulement les humains, d’ailleurs). Bras, jambes, yeux, peau… Aucun organe ne peut échapper à ces transformations plus ou moins complexes, spectaculaires et discutables d’un point de vue éthique. Tetsuo et Tetsuo II, Akira, Ghost in the shell, Cyberpunk77, Cyberpunk netrunners, Dr Adder, Shangi-La en témoignent : le transhumanisme est un thème majeur du cyberpunk, qui interroge la nature même de nos corps et de la biologie.

Hypertechnologie : Le cyberpunk se situe dans le registre de la science-fiction. On peut donc imaginer un éventail sans limites d’inventions techniques futuristes, des voitures volantes guidées par IA aux robots de toutes sortes, mechas, et armements les plus sophistiqués.

Drogues de synthèse : La drogue fait partie intégrante de l’univers cyberpunk. Celui-ci est sombre, mature, porte des thématiques adultes. Cette vie dans le futur immédiat n’est pas tendre, et les chimistes amateurs y sont nombreux. Toutes sortes de pilules, gélules et poudres existent pour tenir le coup ou voir la vie en rose, même pour quelques heures. Mais attention aux abus… Le magistral roman Substance mort de Philip K. Dick, mérite selon moi une appellation cyberpunk par ce seul aspect.

Cyberespace : Le monde du cyberpunk se divise entre réalité et virtuel. Le cyberespace, terme inventé par William Gibson, est l’espace de l’internet et des mondes virtuels. Il est régi par ses propres lois, par des systèmes de défense anti piratage (voir GLACE) potentiellement mortels, qui occasionnent des traits plats (les tracés plats sur les électro encéphalogrammes désignent un état probable de mort cérébrale). Dans le cyberpunk, la réalité est sans cesse fuyante et perd de sa substance, nous faisant nous questionner sur sa nature même. Voir licornes.

Licornes : Rick Deckard est-il un répliquant, oui ou non ? Voir Blade runner.

Night city : Ville mythique du jeu de rôle Cyberpunk 2020 et de son adaptation vidéoludique Cyberpunk77.

Mike Pondsmith : Créateur du jeu de rôle Cyberpunk 2020.

Neo : Kidadulte un peu mou du bulbe qui parle à son ordinateur avant de devenir un super héros suite à l’ingestion d’une gélule rouge. Personnage du film Matrix. Voir aussi Monsieur Anderson.

Monsieur Anderson : Employé de bureau un peu mou du bulbe qui se fait chier la journée et ne sait plus ce qu’il fait de ses nuits. Personnage du film Matrix.

Agent Smith : Entité numérique surpuissante en perdition sur une planète qu’elle déteste. Antagoniste du film Matrix.

Morpheus : Chaman perché qui porte une redingote en cuir et des lunettes de soleil trop petites, marche les mains dans le dos, offre gratuitement de la drogue et a trop lu les récits mythologiques. Personnage du film Matrix.

GLACE : Système de défense des réseaux informatiques sécurisés, capable de griller la cervelle des hackers et de les tracer plat.

Norman Wiener : Voir Implants cybernétiques.

Neuromancer : Roman culte de William Gibson, considéré comme la bible du cyberpunk. Publié en 1984, il relate les aventures de Chase, un hacker cynique et cupide. Il a été récemment réédité en France aux éditions du diable Vauvert, avec une nouvelle traduction de Laurent Quessy. S’il ne vous en faut qu’un seul, c’est celui-là.

Sabrina Calvo : Autrice française immigrée au Québec, qui a écrit plusieurs romans cyberpunk poétiques à tendance plus ou moins optimistes, très inventifs, notamment sur le langage.

Inner city : Roman de Jean-Marc Ligny, lauréat du Grand prix de l’imaginaire.

Le goût de l’immortalité : Roman de Catherine Dufour, Grand prix de l’imaginaire. Dans ce roman, le cyberpunk n’est pas ostentatoire, ni spectaculaire, pourtant l’atmosphère générale le classe directement dans la catégorie.

Cyberpunk77 : Jeu vidéo culte, à la narration et aux choix moraux finement ciselés.

Transmetropolitan : Comics déjanté, irrévérencieux, acide, inventif, indispensable.

Spider Jerusalem : Personnage déjanté, irrévérencieux, acide, inventif. À noter : chauve, tatoué et flanqué de deux assistantes maléfiques. voir Transmetropolitan.

Blade runner : Ridley Scott a réalisé deux chefs-d’œuvre dans sa longue carrière : Alien, en 1979, et Blade runner, film mythique avec Harrison Ford et des licornes. L’une des plus belles improvisations de l’histoire du cinéma. Le bon vieux temps, quand Hollywood savait encore produire des vrais films.

Blame : Manga cyberpunk.

Elon Musk : Antagoniste caricatural de récit cyberpunk, qui s’est écrit lui-même pour mieux correspondre aux clichés du genre. Fait notable : personne réelle. Fait notable 2 : Concepteur de Neuralink, implant cérébral précurseur de NeuroNext. Fait notable 3 : a cru que les dystopies étaient des modes d’emploi.

Akira : Manga culte devenu un anime culte.

Tetsuo, Tetsuo 2 : Dingueries japonaises expérimentales avec des tuyaux en caoutchouc et des types qui hurlent. Version hardcore, fauchée et hallucinée de Terminator et Matrix.

Ghost in the shell : Anime culte.

William Gibson : Auteur américain exilé au Canada et auteur de Neuromancer, œuvre fondatrice du genre cyberpunk. Voir Neuromancer.

Bruce Sterling : Auteur américain qui a poussé le genre cyberpunk dans la lumière avec le recueil de nouvelles Mozart en verres miroirs.

Pessimisme : État d’esprit carrément cyberpunk. Très mal vu aujourd’hui, sans doute car les prédictions des pessimistes se réalisent toutes, et c’est sans doute difficile à supporter. Voir solarpunk.

Brutal Deluxe : Novella cyberpunk de votre serviteur. Trouvable aux éditions Flatland à petit prix.

NeuroNext : Thriller cyberpunk de votre serviteur. L’intérêt de payer l’hébergement d’un site internet est de pouvoir claquer son nom aux côtés de ceux de William Gibson, Ridley Scott ou Cyberpunk77. Pas cher payé.

Câble : Machin en caoutchouc qui connecte des machines et des appendices. Objet de base de tout récit cyberpunk digne de ce nom.

Solar punk : Antithèse du cyberpunk. Placebo littéraire visant à se réfugier dans des mondes imaginaires où l’humanité serait fraternelle, solidaire, et n’aurait pas déclenché une 6ème extinction de masse.

Nova Franka : Mégalople tentaculaire où se déroule la majeure partie du roman NeuroNext. Comme on dit dans les ruches : « t’as plutôt intérêt à baisser la tête si tu veux pas la perdre, wew. »

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2 réponses à « Le cyberpunk : étude d’un genre (2/4) »

  1. Avatar de blaise prod'hom
    blaise prod’hom

    Tetsuo pas Testuo ?

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    1. Avatar de Emmanuel Delporte

      Bonjour, désolé pour cette coquille impardonnable. C’est évidemment Tetsuo.

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