Il y a environ 25 ans, j’ai écrit un roman intitulé « Le syndrome d’Icare », auto-fiction sombre et très pessimiste qui usait du décor des free parties pour parler de dépression, d’amours malheureuses, de quête de soi (bien entendu inachevée ou échouée) et de toxicomanie. Il m’a fallu du temps et de multiples réécritures pour comprendre que ce bouquin ne parlait pas vraiment de tout cela, mais que son sujet était en réalité le traumatisme, avec un T majuscule. Vous me connaissez, je ne voulais SURTOUT PAS écrire un mode d’emploi pour aider à surmonter un trauma d’enfance. Je laisse cela à Boris Cyrulnik et autres spécialistes. Il n’y a nul sarcasme dans ce message ; mon but était d’écrire un roman, une fiction, osons le grand mot : une oeuvre d’art. Et l’art n’a certainement pas à expliquer ou rationaliser son contenu. Il expose, il explose, il déblaye, il rugit, il HURLE, il vocifère et ne se tempère pas. Au risque de ne pas plaire. L’art n’a pas à plaire. Ce que je commence à peine à comprendre, à bientôt 47 ans, c’est que si on veut créer, il faut rester sincere et se foutre du ridicule. Donc, ne pas s’intéresser aux jugements, aux critiques sur Babelio, à ce qui se passe sur les réseaux sociaux dégénérés. Ne pas s’intéresser à ce que disent vos parents du contenu de vos écrits : ils auraient voulu des récits optimistes peuplés de héros valeureux, et vous leur offrez des tueurs en série et des intrigues nihilistes. Ne vous excusez jamais pour ce que vous êtes. Ni pour ce que vous créez. Vous serez insulté moqué, méprisé : vous êtes sur scène, tandis que les autres se content d’observer depuis les gradins.

Je repense souvent à ce roman, dont une première version fut brièvement éditée, avant que je n’en écrive une seconde mouture, à la fin bien plus lumineuse. J’y ai repensé très récemment, suite au dernier teknival qui s’est tenu en marge du Printemps de Bourges et qui a fait couler beaucoup d’encre dans les médias français. Ça m’a amusé de lire les mêmes platitudes qu’on nous servait déjà à l’aube de l’an 2000, quand je me déhanchais sur de la hardtek pendant 48 heures, en compagnie de 40 000 autres furieux et furieuses souriant de toutes leurs dents. Hé oui, si vous ne le saviez pas, je suis un ancien teufeur. Teufeur un jour, teufeur toujours. Le syndrome d’Icare parle de trauma, mais il parle aussi des teufs, et de ce qu’elles représentent. Si vous le cherchez en rayons, arrêtez. Vous ne le trouverez pas. Je ne cherche pas à vendre. Je ne cherche même plus à être lu. Je n’ai pas besoin de la reconnaissance ou de la validation. Je me valide moi-même, ça me suffit.

Comme je me prends pour un artiste, je me suis amusé et j’ai adapté le premier chapitre en vidéo.

Je vous l’offre, je vous la partage, faites-en ce que vous voulez. À partir de 2mn45, votre rythme cardiaque est censé accélérer. Tant mieux si ça vous plait.

Musique de fin : « Scream of calliope » par Neurorbital

Le clip a été réalisé sur Capcut d’après des images d’archives et des images filmées dans mon quartier. La musique du début a été créée sur Fruity Loops en version demo. Une IA a été utilisée pour m’aider avec les dessins et l’animation.

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