Nouvelle sortie : Pétrole Niveau Zéro – Éditions Flatland

Boum.

Comme ça, venu de (presque) nulle part, un de mes textes vient d’être publié : https://flatland-editeur.fr/a/emmanuel-delporte/petrole-niveau-zero

Pétrole niveau zéro, c’est son nom – PNZ son diminutif – , peut se rapprocher d’un apologue. Un apologue « est un court récit narratif, didactique, démonstratif et fictif, à visée argumentative, dont se tire une vérité morale pratique, un enseignement pour le lecteur » (Wikipedia). Classiquement, un apologue est en vers et met en scène un animal ou un végétal pour établir une métaphore. PNZ est en prose et ne met pas en scène d’animal autre que la bête humaine (ou l’humain bête, comme vous préférez). Cependant, il s’agit bien d’un court récit narratif et démonstratif dont se tire une vérité morale.

Celle-ci pourrait se résumer ainsi : On est en train de détruire notre planète et de nous autodétruire, et ce serait pas mal qu’on en prenne conscience pour changer de cap. Je ne pense pas que PNZ soit moralisateur. Mais j’espère qu’il est porteur d’espoir.

On a souvent dit que mes textes étaient trop sombres, trop pessimistes, trop violents, trop ceci, pas assez cela. J’ai entendu récemment le meilleur conseil qu’un artiste puisse recevoir : « Tu ne crées pas pour les autres. Tu crées pour toi et pour te libérer. Donc, crées, sans te soucier de ce que pensent les autres. » PNZ est né dans l’urgence avec ce seul précepte : je l’ai écrit pour moi. Je n’en attendais rien et je ne voulais même pas le faire publier, mais mon ami Lionel Évrard de chez Flatland a insisté. Je lui en suis finalement reconnaissant. Ce n’est pas moi qui suis sombre, pessimiste et violent : c’est notre société. On a pensé PNZ un peu comme le célèbre Matin brun de Franck Pavloff. Si vous ne connaissez pas ce texte brillant et prophétique, ce n’est pas trop tard.

On se souhaite évidemment le même succès, mais bon, la réalité reste implacable. Peu importe : ce récit existe, il est disponible à un prix plancher. 3 euros pour la version papier. 1 euro pour la version numérique. Si le prix est bas, ce n’est pas pour déprécier notre travail, mais parce que moi et Lionel espérons le diffuser le plus largement possible. Que vous l’achetiez en plusieurs exemplaires, pour l’offrir à toute occasion, comme je le fais avec Matin brun dont je garde toujours plusieurs exemplaires chez moi.

Si jamais le texte vous révulse, vous pourrez toujours vous consoler avec la superbe couverture de Caza.

« La première à morfler, c’était une Bentley, ou une Morgan. Peut-être une Jaguar. Qu’est-ce que j’en savais. Elle avait une tronche de vieille anglaise. Après tout, ces têtes de culs de chauffards ne savaient pas mon nom, alors pourquoi il aurait fallu que je connaisse celui de leurs BAGNOLES. Il y avait pas loin d’un siècle, je m’en serais donné à cœur joie, je vous aurais concocté une poésie des chromes, un éloge à la BAGNOLE en vous décrivant les calandres, le châssis, les courbes de ces formidables mécaniques rutilantes. Tout ça avec force emphase et superlatifs, une ode à ces mécaniques synonymes de progrès, de modernité, de liberté. LA LIBERTÉ DE FAIRE CREVER LES OURS POLAIRES. C’était un tag qu’un type saoul avait posé pas loin de sous mes fenêtres, au cours d’une nuit d’été, chaude et lourde. Son forfait accompli, le mec s’était cassé la gueule dans les plantations qui bordaient le trottoir, et puis il s’était mis à brailler comme un con, réveillant tout le quartier. Pas capable de se relever, il s’était emmêlé dans les roses trémières et avait dévasté les tulipes. Je crois que je m’étais alors rendu compte d’un truc pourtant évident. On n’était pas libres. Non, on l’avait jamais été. »

« La nécessité s’est imposée à moi d’éditer cette nouvelle comme elle a été écrite : dans l’urgence, pour permettre à un cri de révolte de se faire entendre dans l’apathie ambiante, et sous une forme qui permette sa plus large diffusion possible. Un texte coup de poing, dérangeant et salvateur, indispensable à la réflexion collective. » Lionel Évrard

Pour l’acheter, c’est par ici : https://flatland-editeur.fr/a/emmanuel-delporte/petrole-niveau-zero

Posted in ,

Laisser un commentaire