• Pétrole Niveau Zéro : première critique !

    Une première chronique de PNZ vient de sortir, si vous hésitez encore à vous procurer cette nouvelle.

    « Sauvez un ours polaire, mangez une voiture : tel pourrait être peu ou prou la conclusion du court et percutant « Pétrole Niveau Zéro » d’Emmanuel Delporte chez Flatland éditeur.

    Le texte aurait pu figurer dans les « Lucioles » de LaVolte & Reporterre vu sa construction intelligente et sa façon VNR-DTR de s’en prendre au pétro-masculinisme…

    (En prime, il ne vous en coûtera pour le lire qu’1 € en numérique et 3 € en papier, dépense largement amortie par la tronche que tirera votre voisin amateur de SUV quand il vous verra avec l’opuscule en main.)»

    Loin des avis qui n’en émettent aucun et qu’on trouve un peu trop souvent sur les divers réseaux sociaux, l’article de Weirdaholic est érudit et analytique, et ne vise pas à mettre une note sur 10 ou sur 20, mais s’attache plutôt à comprendre les intentions de l’auteur. Pour ce dernier, ce genre de texte constitue une récompense en soi et une justification à l’acte d’écriture. En prime, de voir les références que ma nouvelle a fait naître chez ce(tte) lecteur/lectrice me rend tout joyeux : JG Ballard, Kessel, Brecht et même David Lynch. Et vous ne serez pas surpris de voir planer l’ombre de la Volte (éditeur de ma nouvelle Vertigéo) dans les parages…

    C’est par ici pour lire l’article : https://weirdaholic.blogspot.com/2026/06/petrograd-annee-zero.html

    Pour rappel, PNZ est dispo en papier à 3 euros et en numérique à 1 euro. Si vous voulez vous détendre avec le détroit d’Hormuz, laissez votre voiture au garage et lisez PNZ. https://flatland-editeur.fr/a/emmanuel-delporte/petrole-niveau-zero

    Vous pouvez vous aussi contribuer, en postant votre avis sur Babelio. Je ne pense pas que du bien de ce système de notation, mais que voulez-vous, c’est le monde dans lequel on vit. en attendant de le dynamiter, autant essayer d’accomoder ce qu’on peut : https://www.babelio.com/livres/Delporte-Petrole-Niveau-Zero/2062435#critiques

    Au fait, je vis en Amérique du Nord depuis 7 ans et je n’ai pas de voiture. L’autopartage, ça fonctionne très bien.

  • Nouvelle sortie : Pétrole Niveau Zéro – Éditions Flatland

    Boum.

    Comme ça, venu de (presque) nulle part, un de mes textes vient d’être publié : https://flatland-editeur.fr/a/emmanuel-delporte/petrole-niveau-zero

    Pétrole niveau zéro, c’est son nom – PNZ son diminutif – , peut se rapprocher d’un apologue. Un apologue « est un court récit narratif, didactique, démonstratif et fictif, à visée argumentative, dont se tire une vérité morale pratique, un enseignement pour le lecteur » (Wikipedia). Classiquement, un apologue est en vers et met en scène un animal ou un végétal pour établir une métaphore. PNZ est en prose et ne met pas en scène d’animal autre que la bête humaine (ou l’humain bête, comme vous préférez). Cependant, il s’agit bien d’un court récit narratif et démonstratif dont se tire une vérité morale.

    Celle-ci pourrait se résumer ainsi : On est en train de détruire notre planète et de nous autodétruire, et ce serait pas mal qu’on en prenne conscience pour changer de cap. Je ne pense pas que PNZ soit moralisateur. Mais j’espère qu’il est porteur d’espoir.

    On a souvent dit que mes textes étaient trop sombres, trop pessimistes, trop violents, trop ceci, pas assez cela. J’ai entendu récemment le meilleur conseil qu’un artiste puisse recevoir : « Tu ne crées pas pour les autres. Tu crées pour toi et pour te libérer. Donc, crées, sans te soucier de ce que pensent les autres. » PNZ est né dans l’urgence avec ce seul précepte : je l’ai écrit pour moi. Je n’en attendais rien et je ne voulais même pas le faire publier, mais mon ami Lionel Évrard de chez Flatland a insisté. Je lui en suis finalement reconnaissant. Ce n’est pas moi qui suis sombre, pessimiste et violent : c’est notre société. On a pensé PNZ un peu comme le célèbre Matin brun de Franck Pavloff. Si vous ne connaissez pas ce texte brillant et prophétique, ce n’est pas trop tard.

    On se souhaite évidemment le même succès, mais bon, la réalité reste implacable. Peu importe : ce récit existe, il est disponible à un prix plancher. 3 euros pour la version papier. 1 euro pour la version numérique. Si le prix est bas, ce n’est pas pour déprécier notre travail, mais parce que moi et Lionel espérons le diffuser le plus largement possible. Que vous l’achetiez en plusieurs exemplaires, pour l’offrir à toute occasion, comme je le fais avec Matin brun dont je garde toujours plusieurs exemplaires chez moi.

    Si jamais le texte vous révulse, vous pourrez toujours vous consoler avec la superbe couverture de Caza.

    « La première à morfler, c’était une Bentley, ou une Morgan. Peut-être une Jaguar. Qu’est-ce que j’en savais. Elle avait une tronche de vieille anglaise. Après tout, ces têtes de culs de chauffards ne savaient pas mon nom, alors pourquoi il aurait fallu que je connaisse celui de leurs BAGNOLES. Il y avait pas loin d’un siècle, je m’en serais donné à cœur joie, je vous aurais concocté une poésie des chromes, un éloge à la BAGNOLE en vous décrivant les calandres, le châssis, les courbes de ces formidables mécaniques rutilantes. Tout ça avec force emphase et superlatifs, une ode à ces mécaniques synonymes de progrès, de modernité, de liberté. LA LIBERTÉ DE FAIRE CREVER LES OURS POLAIRES. C’était un tag qu’un type saoul avait posé pas loin de sous mes fenêtres, au cours d’une nuit d’été, chaude et lourde. Son forfait accompli, le mec s’était cassé la gueule dans les plantations qui bordaient le trottoir, et puis il s’était mis à brailler comme un con, réveillant tout le quartier. Pas capable de se relever, il s’était emmêlé dans les roses trémières et avait dévasté les tulipes. Je crois que je m’étais alors rendu compte d’un truc pourtant évident. On n’était pas libres. Non, on l’avait jamais été. »

    « La nécessité s’est imposée à moi d’éditer cette nouvelle comme elle a été écrite : dans l’urgence, pour permettre à un cri de révolte de se faire entendre dans l’apathie ambiante, et sous une forme qui permette sa plus large diffusion possible. Un texte coup de poing, dérangeant et salvateur, indispensable à la réflexion collective. » Lionel Évrard

    Pour l’acheter, c’est par ici : https://flatland-editeur.fr/a/emmanuel-delporte/petrole-niveau-zero

  • Il y a environ 25 ans, j’ai écrit un roman intitulé « Le syndrome d’Icare », auto-fiction sombre et très pessimiste qui usait du décor des free parties pour parler de dépression, d’amours malheureuses, de quête de soi (bien entendu inachevée ou échouée) et de toxicomanie. Il m’a fallu du temps et de multiples réécritures pour comprendre que ce bouquin ne parlait pas vraiment de tout cela, mais que son sujet était en réalité le traumatisme, avec un T majuscule. Vous me connaissez, je ne voulais SURTOUT PAS écrire un mode d’emploi pour aider à surmonter un trauma d’enfance. Je laisse cela à Boris Cyrulnik et autres spécialistes. Il n’y a nul sarcasme dans ce message ; mon but était d’écrire un roman, une fiction, osons le grand mot : une oeuvre d’art. Et l’art n’a certainement pas à expliquer ou rationaliser son contenu. Il expose, il explose, il déblaye, il rugit, il HURLE, il vocifère et ne se tempère pas. Au risque de ne pas plaire. L’art n’a pas à plaire. Ce que je commence à peine à comprendre, à bientôt 47 ans, c’est que si on veut créer, il faut rester sincere et se foutre du ridicule. Donc, ne pas s’intéresser aux jugements, aux critiques sur Babelio, à ce qui se passe sur les réseaux sociaux dégénérés. Ne pas s’intéresser à ce que disent vos parents du contenu de vos écrits : ils auraient voulu des récits optimistes peuplés de héros valeureux, et vous leur offrez des tueurs en série et des intrigues nihilistes. Ne vous excusez jamais pour ce que vous êtes. Ni pour ce que vous créez. Vous serez insulté moqué, méprisé : vous êtes sur scène, tandis que les autres se content d’observer depuis les gradins.

    Je repense souvent à ce roman, dont une première version fut brièvement éditée, avant que je n’en écrive une seconde mouture, à la fin bien plus lumineuse. J’y ai repensé très récemment, suite au dernier teknival qui s’est tenu en marge du Printemps de Bourges et qui a fait couler beaucoup d’encre dans les médias français. Ça m’a amusé de lire les mêmes platitudes qu’on nous servait déjà à l’aube de l’an 2000, quand je me déhanchais sur de la hardtek pendant 48 heures, en compagnie de 40 000 autres furieux et furieuses souriant de toutes leurs dents. Hé oui, si vous ne le saviez pas, je suis un ancien teufeur. Teufeur un jour, teufeur toujours. Le syndrome d’Icare parle de trauma, mais il parle aussi des teufs, et de ce qu’elles représentent. Si vous le cherchez en rayons, arrêtez. Vous ne le trouverez pas. Je ne cherche pas à vendre. Je ne cherche même plus à être lu. Je n’ai pas besoin de la reconnaissance ou de la validation. Je me valide moi-même, ça me suffit.

    Comme je me prends pour un artiste, je me suis amusé et j’ai adapté le premier chapitre en vidéo.

    Je vous l’offre, je vous la partage, faites-en ce que vous voulez. À partir de 2mn45, votre rythme cardiaque est censé accélérer. Tant mieux si ça vous plait.

    Musique de fin : « Scream of calliope » par Neurorbital

    Le clip a été réalisé sur Capcut d’après des images d’archives et des images filmées dans mon quartier. La musique du début a été créée sur Fruity Loops en version demo. Une IA a été utilisée pour m’aider avec les dessins et l’animation.

  • Adieu, amigo

    C’est avec un mélange de stupéfaction et de profonde tristesse que je viens d’apprendre le décès de mon ami Patrice Quélard, survenu le 21 février 2026. Si j’ai bien compris, il a été victime d’un malaise cardiaque en randonnée au Chili et a fait une chute fatale.

    J’avais rencontré Patrice grâce à nos aventures éditoriales respectives. C’était un homme d’une générosité rare, une personne qui tenait sa parole et dont la franchise et l’honnêteté s’accordaient avec une force physique et mentale qui faisaient mon admiration. Patrice ne trichait pas, ni avec l’écriture, ni avec ses engagements communautaires, que ce soit comme directeur d’école ou dans ses actions visant à aider les migrants Syriens. Un homme de cœur, victime d’une cruelle ironie du sort, et parti trop tôt. Il n’avait que 53 ans.

    Après s’être fait la main en écrivant des nouvelles et des romans pour de petites maisons d’édition, Patrice avait fini par percer le plafond de verre avec ses deux romans publiés chez Plon, qui mettaient en scène un héros à son image, droit et sans langue de bois. « Place aux immortels » avait remporté le grand prix de la gendarmerie nationale. Nous avons partagé plusieurs sommaires et il a m’a toujours encouragé et soutenu dans l’écriture. Nous avions vaguement discuté d’écrire un roman historique ensemble, qui se passerait au Québec ; projet resté dans nos têtes, et qui ne se réalisera donc jamais.

    Je présente toutes mes condoléances à sa famille. Patrice est parti comme il a vécu et comme il a écrit : sans tricher.

    Tu vas me manquer, amigo. Passe le bonjour à Bruno quand tu le croiseras là-haut…