Voici donc mon deuxième article de la série L’histoire du Québec vue par un maudit Français. Sans langue de bois et avec parfois une pointe de provocation, je vous propose de découvrir l’histoire du Québec et du Canada. Au menu de cet article, les débuts du peuplement du Canada et du Québec.

Quand j’ai appris l’histoire de l’Amérique à l’école, je me souviens que la leçon commençait ainsi :

En 1492, Christophe Colomb a découvert l’Amérique.

On notait cette affirmation dans notre cahier en s’appliquant bien à ne pas dépasser la ligne, le titre devait être écrit en rouge, souligné, et le texte en bleu ou noir. Je vais vous dire, on aurait pu utiliser de l’encre à paillettes, parce que c’est faux : Christophe Colomb n’a pas découvert l’Amérique. Les premiers européens à avoir accosté en Amérique du nord étaient les vikings, près de 500 ans plus tôt. Plus précisément Leif Erikson (le fils de Erik le rouge), qui atteignit l’actuelle Terre-Neuve (Canada) vers l’an 1000. On sait aussi que les vikings ont fait du commerce avec les populations autochtones pendant quelques siècles. Parce que non, l’Amérique n’était pas une terre vierge de présence humaine avant l’arrivée des européens. De nombreux peuples y vivaient depuis des millénaires, ceux qui seraient appelés plus tard « des sauvages », puis des « indiens », et qui allaient être les victimes d’un véritable génocide dont l’écho perdure encore aujourd’hui.

Les recherches les plus récentes suggèrent que les premiers homo sapiens à atteindre l’Amérique du nord l’ont fait il y a environ 30 000 ans, et qu’ils sont passés en Alaska et au Yukon par l’actuel détroit de Béring. Ce passage maintenant submergé reliait par voie terrestre les continents américains et asiatiques et s’appelait la Béringie. À l’époque, la quasi totalité de l’Amérique du Nord était recouverte de glace. Un réchauffement du climat a ensuite permis à plusieurs vagues de migration massives de venir d’Asie, probablement pour chercher de la nourriture.

Réchauffement, migrations, recherche d’une vie meilleure : On n’a pas inventé grand-chose finalement, à part les tarifs, Cnews, les chroniques de Mathieu Bock-Côté et les vidéos de chats à 5 pattes générées par IA.

Cette fonte des glaciers a ouvert de vastes étendues de territoire, et les populations se sont déplacées jusqu’au Québec actuel, à partir de – 12 000 environ, lorsque l’Inlandsis Laurentidien, glacier de plus de 1 kilomètre d’épaisseur, a disparu, laissant dans son sillage d’immenses et innombrables lacs. Ces premiers habitants, les paléoindiens, se regroupèrent en petites communautés nomades, vivant de la chasse, puis de la pêche et de la cueillette, et laissèrent d’innombrables traces dans leur sillage, comme les « pointes Clovis ».

Rien qu’au Québec, on recense environ 800 sites archéologiques témoignant de l’existence des paléoindiens (3 000 au Canada), un des plus célèbres se situant près du lac Mégantic, en Estrie, le site Cliche-Rancour. Vous vous demandez peut-être s’il existe des traces d’art pariétal, comme on en trouve à Lascaux ? s’il ne s’agit pas exactement d’art pariétal, les chercheurs ont en effet découvert plusieurs sites remarquables, où plusieurs peintures et gravures sont visibles sur des parois à ciel ouvert. On peut citer le parc de Writing-on-Stone (Alberta, Canada), St. Victor Petroglyphs et Herschel Petroglyphs (Saskatchewan, Canada), les grottes du plateau de Cumberland (Tennessee, États-Unis), les peintures géantes de la Basse-Californie (Mexique), la « 19ème Grotte sans nom » (Alabama, États-Unis). Les principales différences avec les sites préhistoriques français sont leur date plus récente (1000 / 6000 ans contre 20 000 ans pour Lascaux) et le fait que ces oeuvres figures sur des rochers ou falaises plutôt que dans des grottes.

Principaux site archéologiques

Sur un territoire immense, ces premiers peuples s’adaptèrent à l’environnement en fonction des saisons, utilisèrent le bois, le cuir, le cuivre et les coquillages pour confectionner toutes sortes d’objets, et mirent en place un vaste réseau d’échanges commerciaux.

À partir de 3000 avant notre ère, en pleine croissance démographique, ils découvrirent la poterie et la culture du maïs, à laquelle s’ajoutèrent 2000 ans plus tard celles de la courge, de la fève, du tournesol et du tabac, menant au développement de l’agriculture. Celle-ci se basait sur la culture des trois sœurs : Courge, fève et haricots étaient plantés ensemble car elles s’entraident dans leur croissance. (Si vous mangez dans un restaurant autochtone ou chez l’habitant, il vous sera généralement proposé une soupe des trois sœurs en entrée. Sans vouloir offenser qui que ce soit, j’ose affirmer que c’est bien meilleur que la poutine).

Vers l’an 1000, un groupe se sédentarisa sur les berges du fleuve Saint-Laurent. Ils construisirent des maisons longues, rassemblées en villages entourés de palissades et qui comptaient jusqu’à 2000 personnes. Il s’agissait des Iroquoiens. Comme vous le voyez, tous les autochtones n’étaient pas nomades, contrairement à une croyance tenace.

En 1534, Jacques Cartier quitta Saint-Malo et découvrit l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Il y rencontra les Iroquoiens et leurs villages de Stadaconé (actuelle ville de Québec) et de Hochelaga (actuelle ville de Montréal). Mais les berges du grand fleuve abritaient de nombreux autres peuples : les Micmacs, les Malécites, les Algonquins, notamment.

Petit apparté qui donnera lieu à un article complet, les Autochtones du Québec appartiennent à plusieurs familles linguistiques et culturelles :

  • La famille algonquienne : Abénaquis, Algonquins, Attikameks, Cris, Innus (à ne pas confondre avec les inuit !), Malécites, Micmacs et Naskapis.
  • La famille iroquoienne : Hurons-Wendats et Mohawks.
  • Les Inuit forment un groupe ethnique distinct, qui vit dans le nord du Québec. 
  • Les métis forment un autre groupe, dont je parlerai à travers un article présentant Louis Riel.

En l’an 1500, on estime à 150 000 / 200 000 le nombre d’autochtones présents au nord-est de l’Amérique, pour un total de 12 millions sur l’ensemble de l’Amérique du Nord (contre 80 à 100 millions d’habitants en Europe).

Dans un prochain article, je vous parlerai plus spécifiquement des Premières Nations, et de leur situation aujourd’hui. En attendant, je vois souvent en France des articles de presse ou des romans qui parlent des « indiens« . Il est important de souligner que ce terme est péjoratif et ne doit plus être utilisé (les européens cherchaient un nouvel accès aux Indes, ce qui explique cette confusion). On peut parler des « autochtones », tout simplement, ou bien des « Premières Nations ». Le terme « amérindien » est encore utilisé aux USA, mais est proscrit au Canada. Ce n’est pas de la sémantique, mais une marque de respect, ces mots connotant toute l’histoire sanglante de la colonisation en Amérique du nord.

Si vous passez par l’est du Canada et que l’Histoire vous intéresse, je ne saurais trop vous conseiller ces 3 musées : Le musée de la civilisation à Québec, le musée Canadien de l’histoire à Ottawa (prévoir une demi-journée) et le Musée Stewart Mc Cord à Montréal.

Musée de la civilisation, Québec
Musée Canadien de l’histoire, Ottawa
Musée Stewart McCord, Montréal
Principes de la santé holistique autochtone

Vous pouvez retrouver le premier article ici : https://emmanueldelporte.com/2026/09/12/quebec01/

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