« Raz-de-marée », « vague », « tsunami », appelez cela comme vous voulez : non seulement la démocratie n’est pas morte, comme on l’a souvent entendu, mais elle vient de démontrer au monde entier que le peuple a un pouvoir immense. Il y avait eu des signes annonciateurs: les élections locales aux USA, peu médiatisées (mis à part la victoire de Zohran Mamdani à la mairie de New York). La Hongrie, la Pologne, la Suède, la Serbie, avaient ouvert la voie sur la scène mondiale, occultées par les avancées des néo-nazis de l’AFD en Allemagne. Le Brésil et la large victoire de Lula avaient provoqué des soubresauts. Les USA ont tapé du poing sur la table jusqu’à la fendre en deux, hier soir, 03 novembre 2026 : En démocratie, le peuple a le pouvoir de choisir son destin. Le peuple US avait la possibilité d’exprimer ce qu’il pensait de l’agenda techno-fasciste qui s’imposait dans le monde depuis l’élection de Donald Trump. Ce que le peuple US pense de cet agenda réactionnaire, violent, obscurantiste et impérialiste tient en deux mots, et je m’excuse pour ma grossièreté, mais ça fait du bien : FUCK OFF.
On pourrait lire ces résultats ahurissants comme une réponse au problème isolé du coût de la vie, qui a bondi après deux ans de Trumpisme exacerbé. Mais cette explication seule ne suffit pas. Ce n’est pas seulement une gifle envoyée à Trump pour le punir de son incompétence économique, non, ce vote exprime très clairement une volonté de rupture radicale avec l’ensemble du dogme idéologique MAGA, ce mouvement qui vient de prendre fin hier soir et qui terminera dans les poubelles de l’Histoire avec son créateur. De nombreux bastions républicains sont tombés, et ce n’était même pas serré. La Caroline du Nord, du Sud, la Georgie, le Kansas, et surtout le Texas où les dems ont fait le grand chelem: c’est un coup de balai spectaculaire. Mais ce n’est pas tout. De nombreux districts ont porté au pouvoir des candidat.es dont profil aurait pu les disqualifier d’office: de nombreuses femmes, de nombreuses personnes issues des minorités, un élu transgenre, le premier élu au sénat ouvertement homosexuel, la première élue d’origine Palestinienne, le premier sénateur élu de confession musulmane, la première gouverneure autochtone, la première sénatrice autochtone, etc… Pour la première fois, le speaker de la chambre sera noir (Hakeem Jeffries). C’est tout sauf anodin, après 10 ans de racisme décomplexé de la part de l’extrême droite mondiale.

Pour l’extrême droite, c’est un cauchemar. Pour la majorité des peuples du monde civilisé, c’est l’espoir qui renaît.
Si l’on regarde les indicateurs de votes par critères démographiques et économiques, il ne reste plus grand chose à commenter.

Elon Musk a dépensé plus de 400 000 000 de $ dans cette élection, et ça n’a servi à rien, sinon à rappeler que l’argent n’achète pas tout, et que l’humanité a encore une boussole morale. Faire un salut nazi le soir de l’élection de son ami Donald J. Trump aura donc eu des conséquences pour Musk, un homme riche d’argent, mais pauvre dans sa pensée et ses rêves.
Bien sûr, les défis sont immenses. Les problèmes structurels qui ont permis l’émergence du mouvement MAGA ne vont pas se régler d’un coup de baguette magique. Les déséquilibres sociaux, économiques, écologiques et géopolitiques se sont aggravés. Mais le coup porté à l’internationale de l’extrême droite est si violent qu’il va résonner jusqu’au Kremlin et faire des vagues. Il est urgent de se remettre dans le sens de la marche et de réorienter les priorités: l’urgence climatique, la solidarité internationale, l’investissement dans la jeunesse et l’éducation doivent revenir sur le devant de la scène, au détriment des délires obsessionnels de fanatiques focalisés sur l’immigration.
C’est un signal puissant envoyé au reste du monde et aux nationalistes identitaires qui se croyaient tout permis : le repli sur soi cause des conflits, des guerres, engendre la violence économique, raciale, sociale, écologique. Les USA, après avoir bu cette potion pendant deux ans, l’ont recrachée jusqu’à la dernière goutte, parce qu’elle est immonde et ne mène nulle part.
J’espère que mes compatriotes Français.es en tireront la leçon et sauront se placer du bon côté de l’Histoire en mai 2027. J’en suis persuadé.

Votre commentaire